carnet d'été format journaling

Carnet d’été #2 : ce que ton agenda dit de toi, sans le savoir

Imagine que je te demande ton agenda des trois derniers mois. Je ne te connais pas. Je ne connais ni ton métier, ni ta famille, ni tes valeurs. J’ai simplement ton agenda entre les mains.

À ton avis, que penserais-je d’important pour toi ? Et surtout : est-ce que ce serait vrai ?

C’est la question au cœur du deuxième épisode du Carnet d’été, la série du podcast consacrée cet été à sept exercices de pause et de recul. Quelles sont tes réelles priorités ? Ton agenda ne ment pas !

Un outil qui organise les priorités, et qui raconte une histoire

Notre agenda est un outil particulier. Il est censé nous aider à organiser notre temps et à mieux gérer nos priorités. Mais sans que l’on s’en rende compte, il raconte aussi une histoire : une histoire sur nos priorités, sur ce à quoi nous donnons de la place, sur ce que nous repoussons sans cesse, sur les personnes pour lesquelles nous sommes toujours disponibles. et parfois, sur celle pour laquelle nous ne le sommes jamais : nous-mêmes.

C’est le point de départ de ce second épisode du carnet d’été : et si ton agenda racontait une histoire différente de celle que tu te racontes à toi-même ?

Pourquoi faire cet exercice de journaling précisément l’été ?

Le reste de l’année, on avance, on enchaîne les semaines, et on n’a presque jamais l’occasion de s’arrêter pour observer la forme que prend réellement notre temps. L’agenda se remplit au fil de l’eau, sous la pression des urgences, des demandes des autres, des habitudes installées depuis longtemps. On ne le regarde jamais depuis l’extérieur, comme un document à part entière.

L’été offre une parenthèse différente. Un peu moins de sollicitations, un peu plus d’espace entre deux rendez-vous, parfois même des journées entières sans grand-chose de prévu. C’est précisément ce moment-là qui permet de prendre le recul nécessaire pour observer son propre agenda avec un regard neuf, à condition de choisir consciemment de l’utiliser ainsi, plutôt que de le remplir autrement.

L’écart entre ce qu’on dit et ce que l’on fait

Un constat revient souvent en coaching. Des femmes disent : « Ma famille est ma priorité. » « J’aimerais prendre davantage soin de moi. » « J’aimerais reprendre le sport. » « J’aimerais avoir plus de temps pour lire. » « J’aimerais ralentir. »

Puis vient le moment où l’on regarde l’agenda ou le Bullet Journal. Et l’on découvre que celui-ci ne raconte pas toujours la même histoire.

Ce n’est pas un problème en soi, et ce n’est certainement pas la preuve d’un échec. C’est simplement un miroir, qui montre l’écart entre nos intentions, nos priorités et notre quotidien. Un écart souvent bien plus intéressant à observer que n’importe quelle to-do list.

exercice journaling

L’exercice d’auto-coaching : relire son agenda avec curiosité

L’épisode invite à ouvrir son agenda des dernières semaines, ou des deux ou trois derniers mois, et à l’observer. Non pas pour repérer tout ce qui n’a pas été fait, mais pour répondre à quelques questions :

  • Qu’est-ce qui revient le plus souvent ?
  • À qui ou à quoi ai-je consacré le plus de temps ?
  • Qu’est-ce qui n’apparaît presque jamais ?
  • Quels rendez-vous étaient choisis, et lesquels étaient subis ?
  • Si je ne savais rien de toi, quelles seraient, selon moi, tes trois priorités ?

Le surligneur : rendre l’écart visible

Deuxième étape de l’exercice : prendre un surligneur et colorier son agenda selon un code simple.

  • 🟡 Jaune : les moments choisis
  • 🟠 Orange : les moments subis
  • 🟢 Vert : les moments qui ont fait du bien
  • 🔴 Rouge : les moments qui ont coûté beaucoup d’énergie

Comprendre où va son temps

Pas besoin de tout analyser. En quelques minutes, une image émerge : une semaine très rouge, très peu de vert, ou aucun créneau vraiment choisi. Cet outil d’auto-coaching est volontairement visuel et concret, dans le même esprit que l’ensemble du Carnet d’été. Observer avec curiosité, sans chercher à se juger ni à tout changer immédiatement.

Ce que révèle ce coloriage varie d’une personne à l’autre.
Certaines découvrent une page presque entièrement orange, remplie de rendez-vous subis plutôt que choisis. D’autres réalisent qu’aucun créneau, sur trois mois entiers, n’était réservé rien que pour elles. D’autres encore voient apparaître beaucoup de rouge autour d’une même période, sans avoir consciemment relié cette fatigue à ce qui l’a causée.
Dans tous les cas, l’intérêt n’est pas dans le diagnostic en lui-même, mais dans le fait de le voir enfin écrit noir sur blanc, plutôt que de le pressentir vaguement sans jamais s’y arrêter.

Une dernière question conclut l’exercice : est-ce que cet agenda raconte la vie que tu souhaites vraiment construire ?

Ce que cet exercice d’écriture révèle, et ce qu’il ne juge pas

Un point essentiel de l’épisode : cet exercice n’a rien d’un jugement. L’agenda est une photographie, pas une évaluation. Il montre simplement où est allé le temps. Et parfois, cette photographie aide à comprendre cette sensation persistante de courir, ou de manquer de temps pour ce qui compte vraiment.

Cette distinction compte particulièrement pour les femmes qui avancent beaucoup, gèrent beaucoup, tiennent beaucoup. Elles sont rarement déconnectées de leurs responsabilités : elles savent exactement ce qu’elles ont à faire, et elles le font. Ce qui échappe souvent, c’est la connexion à elles-mêmes. Cette part de l’agenda qu’on ne remplit jamais parce qu’elle ne réclame rien tant qu’on ne la regarde pas.

L’exercice ne cherche absolument pas à pointer un manquement. Il cherche à rendre ce déséquilibre visible, pour qu’elle puisse, à son tour, trouver une place.

Un agenda n’est jamais figé

L’épisode se termine sur une idée simple mais structurante : un agenda n’est jamais définitif. Chaque semaine est une nouvelle page, une nouvelle occasion de décider, petit à petit, de ce à quoi l’on veut donner de la place.

C’est cette possibilité de recommencer, semaine après semaine, qui fait de cet exercice de journaling bien plus qu’un simple bilan : un point de départ. On ne réécrit pas les trois derniers mois. Mais on peut décider, dès la semaine prochaine, de laisser un peu plus de vert et un peu moins de rouge dans les cases à venir. Pas d’un coup, pas radicalement. Une case à la fois, un choix à la fois.

C’est aussi ce qui relie cet épisode au premier rendez-vous du Carnet d’été. Le tableau de bord de la vie posait la question de ce que l’on mesure. L’agenda pose celle de ce que l’on choisit, concrètement, chaque semaine. De nos priorités conscientes. Les deux exercices se répondent : l’un donne une photographie de l’intérieur, l’autre une photographie de l’extérieur. Et c’est souvent dans l’écart entre les deux que se niche l’information la plus utile.

Comment faire l’exercice dès aujourd’hui

Pour faire cet exercice en entier, guidée pas à pas, l’épisode complet est à écouter ici.

En résumé :

  • L’agenda raconte, souvent malgré nous, une histoire sur nos vraies priorités
  • L’écart entre nos intentions et notre emploi du temps n’est pas un échec, c’est un miroir
  • Cinq questions simples et un surligneur suffisent pour rendre cet écart visible
  • Un agenda n’est jamais figé : chaque semaine est une nouvelle occasion de choisir autrement

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