Jamais assez bien
Pourquoi ai-je toujours l’impression de ne jamais en faire assez ?
Tu termines ta journée.
Il est 17 h 30, peut-être 19 h. Tu fermes ton ordinateur, ou la porte de ton bureau.
Si quelqu’un faisait la liste de tout ce que tu as fait aujourd’hui, elle serait longue.
Tu as tenu ta réunion de 9 h. et Tu as répondu à une quarantaine de mails. ou Tu as débloqué un dossier qui traînait depuis deux semaines. Tu as pris le rendez-vous chez le dentiste, fait un saut au supermarché, signé le mot dans le cahier de liaison.
Aux trois tâches qui sont restées sur ta liste.
Et pourtant, à quoi est-ce que tu penses ?

À cette remarque que tu as faite en réunion, et que tu aurais pu formuler autrement.
Au message que tu as envoyé à ta collègue, et que tu relis dans ta tête en te disant que tu aurais pu mieux l’écrire.
Finalement, tu ne ressens aucune satisfaction, loin de là. Plutôt une petite tension, quelque part entre le ventre et la gorge.
Et déjà, tu penses à demain. À tout ce que tu vas devoir rattraper.
Alors je te pose une question. Et je te laisse vraiment le temps d’y répondre.
À quand remonte la dernière fois où tu t’es dit : aujourd’hui, j’ai suffisamment fait, et je suis contente de moi ?
Si tu cherches encore, si la réponse ne vient pas, ou si elle date de plusieurs semaines, cet épisode est pour toi.
Aujourd’hui, nous allons comprendre pourquoi tu vois davantage ce qui manque que ce que tu accomplis. Et surtout, comment apprendre à reconnaître ta valeur sans attendre d’être irréprochable.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je veux poser une chose.
Dans cet épisode, je ne vais jamais te demander de viser moins haut. De renoncer à tes ambitions. De te contenter de peu.
Bien au contraire, tu as le droit de vouloir progresser. Tu as le droit d’avoir de grandes envies pour ta carrière, pour ta vie, pour toi.
Ce que je vais te proposer, c’est autre chose. C’est de t’autoriser à ressentir de la satisfaction en chemin. Parce que vouloir progresser et ne jamais s’autoriser à être satisfaite, ce sont deux choses très différentes. Nous allons y revenir.
Pourquoi as-tu toujours l’impression de ne jamais en faire assez ?
Alors, d’où vient ce sentiment de ne jamais en faire assez ?
Je vois quatre mécanismes. Ils ne sont pas présents chez tout le monde de la même façon et, souvent, ils se combinent.
1. Ton attention se porte naturellement sur ce qui ne va pas
Le premier mécanisme, c’est que ton attention se porte naturellement sur ce qui ne va pas.
En effet, ton cerveau est fait comme ça. Il repère plus vite ce qui cloche que ce qui fonctionne. C’est ce que l’on appelle le biais de négativité. Pendant très longtemps, dans l’histoire de l’humanité, remarquer le danger était une question de survie. Remarquer le joli coucher de soleil, beaucoup moins.
Prends un exemple très concret : ton entretien annuel. Ta manager te fait neuf retours positifs et un axe d’amélioration.
Le soir, en rentrant, tu repenses à quoi ?
À l’axe d’amélioration.
Pourtant, les neuf retours positifs, tu les as entendus. Mais ils n’ont pas accroché. Ils ont glissé.
Chez les femmes très exigeantes avec elles-mêmes, ce mécanisme est encore plus marqué. Avec les années, tu as appris à scanner, à vérifier, à anticiper l’erreur avant qu’elle n’arrive. C’est d’ailleurs pour ça que l’on te fait confiance au travail. Tu es celle qui voit le détail qui coince.
Sauf que ce regard-là, tu le retournes aussi contre toi. Tout le temps.
2. La barre monte à mesure que tu progresses
Le deuxième mécanisme, c’est que la barre monte à mesure que tu progresses.
Ce qui était un objectif hier devient un minimum aujourd’hui.
Rappelle-toi. Il y a cinq ans, peut-être que prendre la parole devant dix personnes te nouait l’estomac pendant trois jours. Aujourd’hui, tu animes des réunions avec vingt personnes. Tu présentes des projets devant ta direction.
Pourtant, qu’est-ce que tu te reproches en sortant ? D’avoir hésité sur un mot. D’avoir dit « euh » deux fois.
Autrement dit, tu ne compares plus ta prise de parole d’aujourd’hui à celle d’il y a cinq ans. Tu la compares à une version idéale, parfaite, que personne n’atteint jamais.
Et c’est là que je veux que tu entendes cette phrase.
Si tu déplaces sans cesse la ligne d’arrivée, comment pourrais-tu ressentir la satisfaction d’y être arrivée ?
Je te la redis.
Si tu déplaces sans cesse la ligne d’arrivée, comment pourrais-tu ressentir la satisfaction d’y être arrivée ?
Tu cours. et Tu cours bien. Tu cours vite. Mais à chaque fois que tu approches de la ligne, tu la recules de quelques mètres.
Forcément, tu as l’impression de ne jamais arriver nulle part.
3. Tes accomplissements deviennent très vite normaux
Le troisième mécanisme, c’est que tes accomplissements deviennent très vite normaux.
Ce que tu sais faire, tu ne le vois plus.
Gérer un budget, organiser un séminaire, recadrer quelqu’un avec tact, tenir une maison et un poste à responsabilités en même temps. Tout ça, tu le fais. Et parce que tu le fais, tu as décidé que c’était normal. Que ça ne comptait pas.
D’ailleurs, écoute la façon dont tu en parles : « Oh, ce n’est rien. » « N’importe qui l’aurait fait. » « C’est mon travail, c’est normal. »
Une collègue te remercie d’avoir géré une situation tendue avec un client. De ton côté, tu réponds : « Oh, ça va, ce n’était pas grand-chose. »
Sauf que si c’était si simple, pourquoi est-ce que c’est vers toi qu’elle s’est tournée ?
Ce que tu maîtrises a demandé de l’apprentissage, des essais, des erreurs. Le fait que ce soit devenu fluide ne veut pas dire que ça ne vaut rien.
Au contraire, ça veut dire que tu as progressé.
4. Ta valeur personnelle finit par dépendre de ta performance
Le quatrième mécanisme, et c’est souvent le plus profond, c’est que ta valeur personnelle finit par dépendre de ta performance.
Quand je fais bien, je vaux quelque chose. Quand je fais moins bien, je vaux moins.
Dit comme ça, à voix haute, tu sens bien que ça ne tient pas. Et pourtant, à l’intérieur, c’est souvent ce qui se joue.
C’est là que j’aime faire la différence entre la confiance en soi et l’estime de soi.
La confiance en soi, c’est la croyance en ta capacité à faire. À réussir une tâche, à relever un défi.
En revanche, l’estime de soi, c’est la valeur que tu t’accordes en tant que personne. Indépendamment de ce que tu fais. Indépendamment de tes résultats.
Beaucoup de femmes que j’accompagne ont confiance en elles. Elles savent qu’elles sont compétentes. Ce qui leur manque, c’est l’estime. Cette sensation d’avoir de la valeur même un jour où rien ne marche, même un jour où la liste n’est pas cochée.
Ainsi, quand ta valeur dépend de ta performance, chaque tâche non terminée devient une petite preuve contre toi. Et une journée ordinaire peut devenir un procès.
Le syndrome de la bonne élève peut-il expliquer cette insatisfaction ?

Alors, d’où est-ce que ça vient, tout ça ?
Si tu écoutes ce podcast depuis un moment, tu sais que je parle souvent du syndrome de la bonne élève.
Celle qui a appris très tôt que les bonnes notes lui valaient de l’attention, de l’approbation, de la fierté dans le regard des adultes. et Celle qui rentrait avec un 17 sur 20 et à qui l’on demandait : « Et les trois points, ils sont passés où ? » ou Celle qui a compris que pour être aimée, il valait mieux être irréprochable.
Ce rôle-là, tu as pu le garder une fois adulte. Au travail, à la maison, avec tes amies. Tu continues à attendre la bonne note.
Sauf que maintenant, c’est toi qui corriges la copie. Et tu es beaucoup plus sévère que n’importe quelle maîtresse d’école.
Le syndrome de la bonne élève n’explique pas tout
Mais je veux être juste avec toi.
Le syndrome de la bonne élève n’explique pas tout. Certaines femmes se reconnaissent dans cette insatisfaction sans avoir été des bonnes élèves. D’autres l’ont été et savent très bien se réjouir de ce qu’elles font.
Ton tempérament, ton environnement de travail, la période que tu traverses en ce moment jouent aussi.
Alors prends ce qui te parle. Laisse le reste.
Et si tu te reconnais dans ce rôle de bonne élève, je te redis ce que je dis souvent. Ce fonctionnement, tu l’as appris. Ce n’est pas de ta faute.
Aujourd’hui, cependant, tu es adulte. Et tu peux choisir autrement.
Quelles sont les conséquences de cette impression de ne jamais en faire assez ?
Maintenant, regardons ce que cette insatisfaction finit par te coûter.
Parce qu’elle a un coût. Même si, de l’extérieur, personne ne le voit. De l’extérieur, tu es celle qui assure.
1. Une fatigue mentale permanente
Le premier coût, c’est la fatigue mentale.
Avoir en permanence une petite voix qui évalue, qui note, qui corrige, c’est épuisant. et Tu rejoues des conversations à 23 h. ou Tu relis trois fois un mail avant de l’envoyer. Tu repasses le film de la réunion dans ta voiture.
Résultat : ton cerveau ne s’arrête jamais vraiment. Même quand ton corps est assis sur le canapé.
2. Tu ne savoures plus tes réussites
Le deuxième coût, c’est que tu ne savoures jamais rien.
Tu termines un gros dossier. Ensuite, tu en ouvres un autre dans la foulée. On te félicite pour ta promotion, tu réponds « oui, enfin, il y a encore beaucoup de travail ». Tu atteins un objectif que tu poursuivais depuis des mois et, dans la journée, tu passes déjà à la suite.
Autrement dit, tu ne t’arrêtes jamais sur le palier. Tu enchaînes les marches.
À force, la réussite n’a plus de goût. L’insatisfaction s’installe.
Tu n’es pas malheureuse. Tu as une vie qui tient la route. Un travail, une famille, des projets. Et pourtant, il manque quelque chose.
Souvent, il y a même de la culpabilité par-dessus : « J’ai tout pour être heureuse, pourquoi est-ce que je ne le ressens pas ? »
Cette question, je l’entends très souvent en coaching. Et une partie de la réponse se trouve ici.
Quand tu ne t’autorises jamais à reconnaître ce qui est là, tu ne peux pas en profiter.
3. La peur de tenter t’empêche d’avancer
Le troisième coût, c’est la peur de tenter. Et c’est peut-être celui qui te coûte le plus, parce qu’il ne se voit pas tout de suite.
Quand tu as besoin d’être compétente tout de suite pour te sentir à la hauteur, tu évites ce que tu ne maîtrises pas encore.
Par exemple, tu ne postules pas à ce poste parce que tu ne coches pas toutes les cases. Tu repousses cette prise de parole parce que tu « n’es pas encore prête ». Tu laisses dormir cette reconversion qui te trotte dans la tête depuis deux ans, parce que tu serais débutante.
Et être débutante, pour toi, c’est presque insupportable.
Ce que tu perds là, ce sont des opportunités. Une évolution, un poste qui te plairait davantage, un travail dans lequel tu t’épanouirais.
Quand cette exigence déborde sur ta vie personnelle
Par ailleurs, ça déborde sur ta vie personnelle.
Tu n’oses pas dire non à cette amie qui te demande un service de plus. Tu acceptes la réunion en plus, le dossier du collègue, la sortie dont tu n’as pas envie.
Pourquoi ? Parce que dire non, c’est risquer de décevoir. Et décevoir, pour toi, c’est presque comme échouer.
Alors ton temps part ailleurs. Ton énergie aussi. Le temps pour toi, pour ce que tu aimes, se réduit à presque rien.
Petit à petit, tu te perds un peu plus dans ce que tu fais pour les autres. Et un jour, tu te rends compte que tu ne sais plus très bien ce que tu aimes. Ce que tu veux. Ce qui a du sens pour toi.
Ton exigence, qui devait te faire avancer, finit donc par te retenir.
Et quand cette pression dure trop longtemps, sans répit, elle peut mener à un épuisement profond. Jusqu’au burn-out, ou à la dépression.
Je le dis avec beaucoup de précaution : si tu te reconnais dans cet état-là, la première personne à voir, c’est ton médecin ou un professionnel de santé. Le coaching peut venir en complément, il ne soigne pas.
L’exigence envers soi-même est-elle forcément négative ?

Et c’est là que je veux revenir à ce que je te disais au début de l’épisode.
L’exigence peut être une force. Une vraie.
C’est grâce à elle que tu fais du travail de qualité. Que l’on peut compter sur toi. Que tu as progressé comme tu l’as fait.
Je ne veux pas te l’enlever. Je ne veux surtout pas que tu ressortes de cet épisode en te disant « bon, alors je vais arrêter d’avoir des ambitions ».
En réalité, l’exigence devient coûteuse à un moment précis : quand aucun résultat ne te permet de te sentir satisfaite.
Voilà la différence.
Vouloir progresser, c’est regarder devant toi en reconnaissant le chemin déjà parcouru.
À l’inverse, ne jamais s’autoriser à être satisfaite, c’est regarder devant toi en effaçant le chemin parcouru.
Dans le premier cas, tu avances avec de l’élan. Dans le second, tu avances avec un caillou dans la chaussure.
Comment savoir si ton exigence t’aide encore ?
Si tu veux un petit test, pose-toi cette question : la dernière fois que tu as atteint quelque chose que tu visais, est-ce que tu as ressenti de la satisfaction ? Même cinq minutes ?
Si la réponse est oui, ton exigence te sert sans doute.
En revanche, si la réponse est non, ou « je suis passée directement à la suite », c’est peut-être le moment de regarder ça de plus près.
Comment arrêter de penser que l’on n’en fait jamais assez ?
Alors, comment sortir progressivement de cette insatisfaction ?
Je dis bien progressivement. Tu ne vas pas changer en une semaine un fonctionnement que tu as construit pendant des années.
Et c’est très bien comme ça.
Nous ne sommes pas dans la course à la bonne élève du développement personnel.
Je te propose donc trois pistes.
1. Distinguer les faits et les jugements
La première piste, c’est de distinguer les faits et les jugements.
Quand tu repenses à ta journée, ce qui te pèse, ce sont rarement les faits. Ce sont les jugements que tu poses dessus.
« J’ai été nulle en réunion. » Ça, c’est un jugement.
Les faits, ce serait : « J’ai présenté le projet pendant quinze minutes. On m’a posé quatre questions. J’ai répondu à trois. Pour la quatrième, j’ai dit que je reviendrais vers eux avec la réponse. »
Tu sens la différence ?
Le jugement te met dans un tribunal. Les faits, en revanche, te donnent une photo de ce qui s’est passé.
Et sur cette photo, il y a une femme qui a présenté un projet et qui a géré une question à laquelle elle n’avait pas la réponse. Ce qui, au passage, est une vraie compétence.
Pour t’entraîner, je te propose un petit exercice. La prochaine fois que tu te surprends à te juger, écris la phrase telle qu’elle te vient.
Puis, réécris-la en gardant uniquement ce qu’une caméra aurait pu filmer. Rien d’autre.
C’est la première étape de ce que j’appelle la méthode OSE : Observer. Observer ce qui se passe vraiment, sans le filtre du jugement.
Ainsi, voir clair, c’est déjà se donner le choix.
2. Définir ce qui est suffisamment bien avant de commencer
La deuxième piste, c’est de définir ce qui est suffisamment bien avant de commencer.
Une grande partie de l’insatisfaction vient du fait que la ligne d’arrivée n’est jamais posée. Alors tu la poses après. Et après, tu la poses toujours plus loin.
Donc je te propose de la poser avant.
Tu as une présentation à préparer ? Avant d’ouvrir ton fichier, écris ce que serait une présentation suffisamment bonne.
Par exemple : mes trois messages principaux sont clairs, mes slides sont relues une fois, j’ai préparé une réponse aux deux questions que l’on risque de me poser.
Quand c’est fait, c’est fait.
Bien sûr, tu peux choisir d’aller plus loin. Mais ce sera un choix. Pas une obligation que tu t’imposes parce que rien n’est jamais assez.
Je le dis souvent : mieux vaut fait que parfait, et surtout pas fait. Le parfait, il reste dans ta tête. Le fait, il existe. Il aide quelqu’un. Il fait avancer un projet.
Appliquer le « suffisamment bien » à toute ta journée
Et tu peux appliquer ça à ta journée entière.
Le matin, au lieu de regarder une liste de quinze tâches en te disant que tu vas essayer d’en faire le maximum, choisis les deux ou trois qui feront que ce soir, ta journée sera suffisamment bonne.
Ce soir, si elles sont faites, ta journée est réussie.
Même si le reste de la liste est encore là.
3. Apprendre à reconnaître ce que tu as accompli
La troisième piste, c’est d’apprendre à reconnaître ce que tu as effectivement accompli.
Apprendre, parce que oui, ça s’apprend. Comme un muscle.
Tu as une to-do list. Mais est-ce que tu as une « done list » ? Une liste de ce que tu as fait ?
Le soir, avant de fermer ton ordinateur, ou dans ton lit, note trois choses que tu as faites dans ta journée.
Des choses simples : « J’ai tenu ma réunion. » « J’ai appelé ma mère. » « J’ai dit non à une demande qui ne me concernait pas. »
Au début, ça va te paraître artificiel. Peut-être même un peu ridicule.
Pourtant, continue.
Tu es en train d’entraîner ton regard à voir aussi ce qui est fait, pas seulement ce qui manque.
Pourquoi je demande aux CréActrices de partager leurs victoires
C’est exactement pour ça que, chaque semaine, je demande aux CréActrices de partager leurs victoires. Grandes ou petites.
Une conversation qu’elles ont osé avoir, un non qu’elles ont posé, une soirée qu’elles se sont accordée.
Le but, c’est d’ancrer dans leur esprit que oui, elles font des choses positives. Que oui, elles réussissent. Que oui, elles avancent. Et que tout n’est pas négatif.
Au début, certaines ne trouvent rien à écrire.
Quelques semaines plus tard, elles en ont plusieurs.
Leur vie n’a pas forcément changé d’un coup. Leur regard, si.
Un exercice pour reconnaître enfin ce que tu accomplis
Avant de terminer, je te propose un exercice. Tu peux le faire maintenant si tu es tranquille, ou ce soir, avec un carnet.
Prends une réalisation récente. Quelque chose que tu as fait ces dernières semaines.
Ce n’est pas obligatoire que ce soit spectaculaire. Une conversation délicate que tu as menée. Un projet que tu as livré. Une limite que tu as posée.
Ensuite, réponds par écrit à ces trois questions.
Première question : qu’est-ce que j’ai réussi ?
Décris-le simplement, avec des faits. Comme si tu le racontais à quelqu’un qui ne te connaît pas.
Deuxième question : qu’est-ce que cela m’a demandé ?
Du temps, du courage, de l’organisation, de la patience, de la diplomatie, des soirées.
En d’autres termes, note tout ce qui ne se voit pas dans le résultat final. Tout ce que tu as mis de toi là-dedans.
Troisième question : qu’est-ce que je suis en train de minimiser ?
C’est souvent la plus intéressante.
Peut-être que tu te dis que c’était facile alors que tu as stressé pendant une semaine. ou Peut-être que tu attribues la réussite à la chance, ou à ton équipe, en oubliant ta part. Peut-être que tu penses déjà à ce qui aurait pu être mieux.
Un exemple concret
Prends un exemple. Disons que tu as recruté une nouvelle personne dans ton équipe.
Ce que tu as réussi : tu as mené six entretiens, tu as fait un choix, la personne a commencé lundi.
Ce que cela t’a demandé : de dégager du temps sur un mois déjà chargé, de rédiger une annonce, de faire confiance à ton jugement, de dire non à des candidats.
Enfin, ce que tu minimises : peut-être que tu te dis « c’est mon rôle de manager ».
Oui. Et tu l’as bien fait.
Les deux sont vrais en même temps.
Ces trois questions, tu peux les garder. Les ressortir à chaque fois que tu termines quelque chose.
Petit à petit, tu vas t’entraîner à faire une pause sur le palier avant de monter la marche suivante.
Reconnaître ses réussites sans renoncer à ses ambitions
Pour conclure, je voudrais que tu repartes avec une idée.
Tu as le droit de vouloir aller plus loin. Et tu as le droit d’être fière de là où tu es déjà.
Les deux ne s’opposent pas.
Au contraire, reconnaître ce que tu as accompli te donne de l’élan pour la suite. C’est un appui, un sol sous tes pieds.
Alors je te laisse avec cette phrase.
Si tu déplaces sans cesse la ligne d’arrivée, comment pourrais-tu ressentir la satisfaction d’y être arrivée ?
Ce soir, pose ta ligne.
Et quand tu l’as franchie, prends le temps de le remarquer.
Sortir de cette pression avec l’accompagnement CréActrice
Si cet épisode t’a parlé, si tu te reconnais dans cette pression que tu te mets en permanence, et que tu sens que seule, tu tournes en rond, je te propose une chose.
Prends rendez-vous pour un appel de clarification. C’est un temps d’échange pour faire le point sur là où tu en es, sur ce qui te pèse, et voir si l’accompagnement CréActrice peut t’aider.
Dans CréActrice, nous travaillons justement sur cette exigence, sur ce rôle de bonne élève, et sur la place que tu t’accordes dans ta propre vie.
Dans la durée, et entourée d’autres femmes qui vivent la même chose que toi.
Le lien pour réserver ton appel est dans les notes de l’épisode. Je propose, tu disposes.
Je te dis à très vite.
Et d’ici là, prends soin de toi. Tu es la personne la plus importante de ta vie.




